Le mythe du Temple Rouge

Equinoxe de printemps

20 Mars, à l’est, à l’entrée du temple

Par des temps anciens, à la fin de chaque hiver, le peuple du désert se préparait à accueillir le soleil pour une nouvelle année. Il érigea un immense palais, afin de vénérer et apprivoiser le soleil et ainsi obtenir sa protection.

Ce palais trônait au milieu d’un grand désert rouge où de nombreux peuples vivaient espacés les uns des autres. Ils se retrouvaient à chaque printemps à l’entrée du palais qu’ils nommaient “Le temple rouge pour remercier et accueillir la venue d’un nouveau cycle.

Les peuples conscients de sa puissance destructrice mais fascinés par sa lumière, cherchèrent à établir un pacte avec l’astre. Il accorda ainsi au sein du palais un lieu idyllique où faune et flore se déployaient, et où les conditions de vie pour la nature semblaient parfaites malgré l’aridité du monde extérieur. L’Homme avait donc le droit de se servir uniquement au temps des rituels.

Le temple faisait partie intégrante du décor qui l’entoure avec ces briques de grès rouge puisées directement dans le désert, il adoptait une forme pyramidale structurée par des terrasses, des colonnes et des arches décorées de nombreux reliefs sculptés. Les façades portaient des bas-reliefs représentant des motifs cosmiques liés aux astres et aux saisons.

L’architecture rythmée autour des équinoxes et des solstices, s’ouvrait aux voyageurs à l’est par une imposante porte. Elle était ornée d’un vitrail aux nuances de couleurs chaudes représentant l’astre de feu. En suivant un circuit de déambulation des points cardinaux, les pèlerins collectaient, comptaient et quantifiaient ce que leur offrait le palais à l’aide de quatre artefacts qui les guidaient dans leur rituel de récolte. Pour vénérer la course que le soleil effectuait au fil des saisons, le voyageur utilisait le premier artefact pour y recueillir fleurs et plantes médicinales. Les hommes récoltaient ainsi de quoi se soigner et rester en forme pour toutes les autres saisons à venir en écrasant et transformant les plantes afin d’en faire divers soin consommables.

Solstice d’été

21 Juin

Pendant le solstice d’été, en demandant clémence et protection, le voyageur utilisait le second artefact pour découper et y recueillir des fruits. Ceux-ci leur apportaient force et vitalité par l’abondance de lumière que le soleil prodiguait durant cette équinoxe.

La taille proéminente des fruits leur permettaient d’avoir tous les nutriments et vitamines nécessaires pour leur bien-être. Tandis que les écorces de ces végétaux devenues très épaisses avec la puissance du soleil d’été permettaient au peuple de réaliser des abris contre les rayons agressifs de cette saison dans leurs villages.

Les rayons, à leur intensité maximale, traversaient les salles hautes et s’accumulaient dans les parois du temple. À chaque face de l’édifice, une grande fenêtre de vitraux s’imposait, collectant l’énergie solaire grâce à des milliers de lentilles qui rechargeaient le système photosensible, cœur du fonctionnement de la pyramide. Ces grandes fenêtres de verre permettaient également la distribution de la lumière du désert en faisceaux lumineux projetés à l’intérieur du temple, inscrivant une atmosphère changeante selon chaque saison.

Equinoxe d’automne

21 Septembre

Le deuxième equinoxe du cycle est vénéré par les Hommes pour remercier l’astre de sa clémence et des vivres abondantes qu’ils pouvaient récolter. Cette saison leur permettait de faire des réserves pour espérer tenir pendant l’hiver. En rentrant à l’intérieur du temple, selon la saison, la végétation variait complètement et l’ambiance changeait à chaque cérémonie. En automne les feuilles se teintaient de couleurs chaudes et tombaient sur les nombreux pavés qui accompagnent le chemin des pèlerins.

Au sein du palais la nature était luxuriante, les bassins d’eau claire se succédaient formant ainsi de grandes et nombreuses cascades. La flore abondante et variée déferlait sur des colonnes de pierres rouges aux arabesques exubérantes.

Comme pour chaque rituel, le rituel d’automne se déroulait en deux parties, tout d’abord les pèlerins se regroupaient au centre du vaste jardin, la ou trône une stèle marquée par les rayons du soleil. Ils suivaient alors plusieurs étapes de remerciement au soleil. Par la suite, la deuxième étape pouvait commencer, les pèlerins utilisaient le troisième artefact lié à l’abondance de cette saison. En effet, cet objet facilitaient la récolte de denrées permettant la conservation des aliments tout au long de l’hiver. 

Solstice d’hiver

21 Décembre

Le solstice d’hiver marquait la fin d’un cycle, la durée des jours était plus courte et les vivres moins nombreuses en cette saison, on y célébrait alors une dernière cérémonie pour espérer un nouveau cycle prospère. La stèle du temple emmagasinait l’énergie solaire toute l’année et reflétait sa puissance  les hommes se réunissaient dans la grande salle sacrée du temple. En formant de nombreux rond autour de la stèle, les hommes se protégeaient de sa lumière aveuglante grâce à d’épais habits confectionnés grâce aux récoltes des végétaux. Pendant le rituel de ce solstice les hommes utilisaient le dernier artefact capable de récolter et de tisser les fibres végétales du temple afin d’en faire des tissus pour se protéger du soleil, du froid et des intempéries durant l’année. 

Ces rituels des quatre saisons permettaient protection et abondance mais ce sanctuaire n’était pas offert sans conditions. Tant que l’homme respectait ce rythme, il pouvait trouver refuge, se nourrir de ses ressources et s’élever spirituellement. Cependant, celui qui cherchait à outrepasser la quantité de vivre permise par les artefacts sacrés, avide de profiter plus de la flore, de la fraîcheur et des richesses du palais, verrait son corps et son esprit lentement absorbés par l’astre. Le soleil, bienveillant pour les hommes respectueux, se faisait alors intransigeant, reprenant ce qu’il avait offert.

Ainsi, le Palais du Soleil n’est pas seulement un lieu de vie et de beauté, mais aussi une leçon éternelle : le soleil sera toujours à portée de main pour l’homme, mais jamais ce dernier ne pourra le posséder. Celui qui tente de s’approprier son énergie finit consumé par sa lumière.