Scrolling C02

Dispositif en cire de synthèse et pigment – 600 modules – DNSEP 2019 Antoine Blouin

Scrolling CO2 découle d’une recherche sur « l’équilibre attentionnel » entre réalité et virtualité. Sensible à la question écologique, celle « attentionnelle » liée à la question du bien-être, et celle « environnementale », liée à la question des émissions de CO2 par l’utilisation des écrans de téléphones. Antoine Blouin a amorcé un travail visant à donner une représentation physique et sensorielle à un phénomène non visible. Cette réflexion l’a conduit à penser un dispositif qui se propage dans l’espace par une logique combinatoire et organisée, invasive et multidirectionnelle, inspirée de la forme de la molécule de carbone. Cette composition modulaire exprime la masse volumique de notre consommation de temps d’écran. Une minute passée sur notre téléphone produit 57 grammes de CO2 dans l’atmosphère. Un Français passe en moyenne 600 minutes par semaine sur son portable, soit 10 heures. Le dispositif a été pensé en cire de synthèse pour qu’il n’y ait aucune perte de matière.

Figurer le carbone dans l'air
Impressions sur calques – figurer le carbone dans l’air
Dessin d’intention – l’accumulation d’émissions C02
Dessin d’intention formelle – fusain
Graphique du rapport temps / quantité de modules
Moule à clefs en plâtre pour rotomouler la cire de synthèse

Le temps du Worksop

Le workshop scrolling CO2 tenu à la rentrée de Septembre 2020 a permis de revenir à l’origine du processus de fabrication du projet de DNSEP d’Antoine. 

Le projet découle d’une recherche sur « l’équilibre attentionnel » entre réalité et virtualité. Sensible à la question écologique, celle « attentionnelle » liée à la question du bien-être, et celle « environnementale », liée à la question des émissions de CO2 par l’utilisation des écrans de téléphones. 

L’objectif était de matérialiser à travers un système de modules nos émissions de CO2 liées au temps passé sur nos téléphones. Pour permettre une mise en œuvre plus fluide du dispositif en cire de synthèse,  nous sommes revenus sur le processus de fabrication. Il reprenait manuellement le principe du rotomoulage, et dans une logique de production en série conséquente s’avérait éreintant.

Cette réflexion nous a conduit à réaliser notre propre outil de fabrication pour faciliter l’action du rotomoulage. L’objectif étant de produire plus rapidement et facilement une certaine quantité de modules.

Dans un premier temps, en s’appuyant sur l’existant, nous avons ébauché des dessins dans le but de reprendre et d’imaginer de nouveaux procédés de fabrication. Nous nous sommes basés sur des plans techniques accessibles en Open Source. C’est à partir de cela que notre réappropriation a vu le jour.

Ce travail de sélection de l’existant nous a permis de définir les processus de fabrication.

En parallèle, il a fallu repenser le dessein du moule à clé en plâtre pour qu’il puisse fonctionner sur la machine à rotomoulage. Il faut savoir que pour être fonctionnel, un moule en plâtre destiné aux tirages de cire de synthèse doit faire une certaine épaisseur (question de résistance) et doit être entièrement imbibé d’eau avant chaque utilisation (forte incidence sur le poids du moule). Néanmoins, pour un usage prolongé de la machine à rotomoulage, il est préférable d’y incorporer un moule en plâtre le plus léger possible. C’est à la croisée de ces contraintes que nous avons pensé le nouveau moule à clé, en réduisant autant que possible l’épaisseur du moule, mais en gardant suffisamment de matière pour qu’il puisse faire son travail d’absorption sans se casser sous la pression. 

Moule à clés en plâtre adapté à la machine à rotomoulage
Machine à rotomoulage

L’après Workshop

Dans le cadre du workshop autour de la fabrication de notre propre outil de conception, la rotomouleuse, nous avons été amené à faire une recherche sur ce qui existait déjà en terme de plans techniques et explicatifs de création de machine à rotomouler, et si des fichiers open source étaient disponibles sur le net. À partir de l’un de ces fichiers que nous nous sommes réappropriés pour mener à bien l’élaboration de notre projet, nous avons élaboré de nouveaux processus de mise en oeuvre que nous souhaitons rendre open source. En effet nous souhaitons la rendre accessible au PAD OCC, à l’école mais aussi à d’autres établissements, programmes de recherches, ou personnes désireuses de fabriquer sa propre machine. Nous travaillons à rendre la machine la plus universelle et par conséquent sa documentation pour qu’elle puisse ensuite être réadaptée, réappropriée. La mise en œuvre de cet outil nécessite le fonctionnement de diverses machines comme la découpe plasma, l’imprimante 3D ou encore la CNC.

Grâce aux tests effectués, et au travail d’archivage effectué tout au long de nos expérimentations, nous travaillons désormais à la mise en forme d’un mode d’emploi ou d’un manuel explicatif détaillé pour accompagner nos plans disponibles en open source. Le but est de rendre leur utilisation accessible et intelligible à tous.

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